Chapitre 6

Anorkae

Füerzò

Une grenade IEM, ils ont laissé une laborantine avec une grenade IEM pour protéger leurs foutues recherches. Sur l’échelle de la bravoure, on monte sacrément haut là. Et c’est quoi ces informations erronées ? Moi je veux bien faire le taf, mais faudrait être un peu précis, quand on me dit qu’il n’y aura personne à 20:10, on ne sous-entend pas une laborantine armée d’une grenade IEM trop lourde pour elle ! Et pourquoi Civi ne l’a pas détectée ? Qu’est-ce que je vais faire d’elle maintenant ? Et c’est quoi ces bestioles ? Wow… Et voilà qu’elle me sort la pire excuse au monde. Elle pense faire avaler ses bobards à qui ?

Allez, fous le camp avant que je change d’avis. Aussitôt la porte refermée, je demande à Civi de la suivre grâce au système de vidéosurveillance de l’hôpital. Elle a lâché trop facilement à mon goût, juste au cas où, on ne sait jamais.

— Je la suis en ce moment même sur le spectre visible, elle semble indétectable sur l’infrarouge des caméras de surveillance, probablement un brouilleur de température corporelle. J’ai verrouillé toutes les portes à serrure électronique, son seul point de fuite est l’ascenseur, son temps d’attente estimé est de neuf minutes.

Pile ce qu’il me faut pour fouiller vite fait le labo, la rattraper, l’obliger à me donner ce qu’elle dissimule si besoin, et déguerpir avant l’arrivée des forces gouvernementales. Allons voir où se cache ce virus.

Füerzò

Anorkae

Accès refusé, accès refusé, depuis quand mon badge est inopérant dans ce service ? J’y suis, il m’a tout bloqué, enfermée comme un lapin dans son clapier, plus aucune échappatoire si ce n’est l’ascenseur, avec l’attente qui va avec, surtout à cette heure de la journée.

Je crois qu’il me sous-estime, c’est bon pour moi. J’accède à un ordinateur connecté au réseau, je me mets en mode admin, je change tous les mots de passe, interdis la liaison aux appareils extérieurs et maintenant je n’ai plus qu’à me redonner les droits d’accès. Bon, ça m’a pris pas mal de temps.

Au final, faire la queue devant l’ascenseur aurait peut-être été plus rapide, mais rien ne vaut la satisfaction de piéger un pirhack. Le sentiment du travail accompli, bien fait, le soulagement d’avoir réussi à surmonter les imprévus. Quoique…

Anorkae

Füerzò
— Serrure déverrouillée, l’accès est libre, aucune arme autre que la grenade IEM n’a été détectée.

D’un coup de pied bien placé, j’explose la porte qui s’ouvre à la volée et viens heurter le mur de droite dans un bruit sourd. Surprise, l’entrée tonitruante ! C’est réussi à voir son visage blêmir seconde après seconde.

— Bon allez, fini de jouer, on retire les masques, on se dévoile au grand jour et tu me files ce que tu caches sous ta blouse ou je viens le chercher moi-même, déclaré-je le sourire aux lèvres.— Masques ? Tu veux parler de celui que tu portes quand tu arnaques le citoyen se tuant à la tâche pour nourrir les êtres qu’il aime ? Ou des œillères que tu mets pour ne pas avoir à faire face à la souffrance qui t’entoure et que tu sèmes à chaque pseudo-course effectuée ?— C’est clair qu’élaborer des armes biochimiques va régler le problème de la faim dans le monde, continué-je sur un ton sarcastique.— Des armes quoi ?!

Alors que je m’avance pour la chopper, j’entrevois un Protecteur voler devant la fenêtre. Merde ! Trop tard !

Fuiiiiiiiiiiiiiiiii !

À peine le temps de porter mes mains sur les oreilles que me voilà transpercé par une décharge ultrasonique, un bruit aigu à la limite du supportable manque de peu d’exploser mes tympans tandis que je vois les vitres voler en éclats. Heureusement que Civi contrebalance l’attaque sinon j’aurais déjà les oreilles en sang. La pauvre laborantine, elle doit être en PLS là. Ça lui remettra le cerveau en place.

Au moment où je me retourne pour regarder par-dessus mon épaule, je me prends un tampon me plaquant au sol. Je m’étale sur le carreau avec plus de trois cents kilos d’acier sur le corps. J’entrevois à peine le visage gris et impassible du Sentinel, qu’il heurte une première fois ma tête contre le dallage dans un éclair rouge vif, puis une deuxi… Non, il s’est arrêté ! Il tombe sur le côté, immobile, me laissant reprendre ma respiration.

Tout est flou, trouble, si ce n’est la douleur persistante et sourde parcourant ma tempe. Je balaye la scène du regard, un tableau inanimé se dresse devant moi, si ce n’est elle, se redressant dans un gémissement, un filet de sang ruisselant au coin de ses lèvres dessinant un sourire psychopathe. Bordel, c’est qui cette nana ?

Vous lisez l’édition Live de À l’orée de la ville, Les mésaventures éco-punk de Füerzò le pirhack, de Allius. Œuvre libérée
Dernière mise à jour du chapitre : 2025-07-26 (révision : 0)
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